La lutte contre le Chlordecone

L’histoire de la molécule Chlordécone débute en 1952, l’année où elle fut brevetée. A partir de 1957, la molécule est commercialisée par la société « Allied Chemical » sous les noms de Kepone® et de GC-1189®.
Jusqu’en 1976, près de 1 600 tonnes de matière active (à 94,5 % de chlordécone) ont été produites dans trois usines à Delaware, en Pennsylvanie et en Virginie.

L’étude The effects of Kepone démontre déjà la toxicité de la molécule Chlordécone. En France, la commission « d’étude de la toxicité…» suggère la toxicité du produit. Pourtant, en 1971 le Képone est classé dans le tableau C, passant de produit toxique à produit dangereux. Ce produit ne tarde pas à être interdit d’utilisation aux Etats-Unis, pourtant il est importé aux Antilles françaises, par une société békée.

Dès 1991, des chercheurs du Laboratoire de l’Ecole de la Santé signalaient une contamination excessive au Chlordécone.

En 2019, Malcom Ferdinand, philosophe et chercheur, auteur du livre Une écologie décoloniale distingue trois caractéristiques de la contamination aux Antilles.

Premièrement, il s’agit bien d’une contamination durable, puisque la molécule Chlordécone demeure dans les sols et pourrait se conserver entre six à sept cents ans.

Deuxièmement, elle est généralisée, c’est-à-dire qu’elle n’affecte pas que les sols où la molécule a été répandue ; mais elle affecte aussi les sources d’eaux, les poissons (d’où l’interdiction de certaines zones de pêche), les humains et tout l’écosystème. L’étude de l’agence de Santé Publique pose le fait qu’un pourcentage important de la population adulte soit contaminé par le chlordécone dans les Antilles françaises, soit 90% du peuple antillais.

Enfin, la contamination est délétère parce qu’elle produit un ensemble de problèmes sanitaires prouvés par des études scientifiques : l’étude Timoun, l’étude Karuprostate, et d’autres recherches en cours. (…)

C’est dans ce contexte, que le militantisme anti-chlordécone évolue. N’en déplaise à certains, la lutte contre le chlordécone est un processus obligatoire de décolonisation. C’est une lutte pour le droit à l’intégrité de notre espace et de notre corps, qui n’aboutira pas sans drames et renversements ! L’idée de se libérer de la domination coloniale et de l’impérialisme français ne se limite pas qu’à la dénonciation et la réparation d’un désastre sanitaire mais s’étend bien jusqu’à la rupture culturelle, politique, écologique et économique entre l’île colonisée et le pays colonisateur.

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